Clé #1 : Adopter une approche segmentée par typologie de fournisseur
decarbonation-Le parcours gagnant-gagnant pour une supply chain bas carbone

Clé #1 : Adopter une approche segmentée par typologie de fournisseur

Dans notre article introductif, nous avons insisté sur l’importance d’engager une démarche pro-active et collaborative avec ses fournisseurs. Les industriels ayant souvent un portefeuille important de fournisseurs à gérer, avec des niveaux de maturité très hétérogènes sur le sujet CO2, il est nécessaire de prioriser certains fournisseurs « critiques » pour initier la démarche.

Ce travail d’analyse de la base fournisseur est à réaliser dès le début du projet. Quels sont les critères permettant d’identifier ces fournisseurs « critiques » ?

De notre point de vue, trois critères doivent être pris en compte de manière systématique par les industriels pour réaliser cette analyse.

 

1 – La nature de la relation entre l’industriel et son fournisseur

Pour cela, le plus simple est de s’appuyer sur la catégorisation existante des achats ou, à défaut, de la construire. En général les directions achats définissent trois ou quatre typologies de fournisseurs : les fournisseurs « à développer », les fournisseurs « à garder », les fournisseurs « tolérés » et les fournisseurs « à éviter / à sortir du panel ». Il est évident que la démarche de co-construction doit se faire prioritairement avec la première catégorie de fournisseur. En complément de cette catégorisation « achat », d’autres critères peuvent être intégrés : par exemple, la volonté du fournisseur de collaborer et de partager des informations / données avec son client (ex : consommations énergétiques) ou encore la « part de marché » de  l’industriel chez ses fournisseurs (part du CA de l’industriel dans le CA total du fournisseur).

 

2 – Le poids du fournisseur dans les émissions de CO2

Cela suppose de connaitre la baseline CO2 du scope 3, exercice qui peut se révéler complexe à réaliser (cf. article à venir – Clé #2 : Etablir une mesure des émissions du scope 3 fiable et construire un système de reporting data CO2 robuste et « opposable »). Si l’industriel souhaite avoir un impact rapide sur ses émissions, il va privilégier les « top émetteurs » au détriment des plus faibles émetteurs. Il peut aussi « tester » la démarche auprès de fournisseurs pilotes de taille intermédiaire afin de la rendre plus robuste avant d’aller rencontrer ses plus gros émetteurs. Les deux approches sont possibles.

 

3 – La maturité du fournisseur sur le sujet CO2

Ce troisième et dernier critère d’analyse est souvent plus difficile à intégrer, car les directions achats n’ont pas encore systématiquement d’outil d’évaluation . Si tel est le cas, il est urgent pour les industriels de s’en construire un ! Pour cela, ils peuvent s’appuyer sur plusieurs sources :

  • les informations publiés par les fournisseurs et facilement disponibles (ex : engagement auprès du SBTI pour la trajectoire de réduction des émissions ? Données publiées auprès du CDP ?…)
  • un questionnaire CO2 envoyé aux fournisseurs
  • la connaissance des programmes de décarbonation engagés par les fournisseurs

Les actions à engager seront différentes selon la maturité des fournisseurs. Par exemple, pour les fournisseurs les moins matures, des actions de co-construction de la feuille de route de décarbonation pourront être menées, ce qui est moins pertinent pour les fournisseurs matures ayant déjà engagés des programmes de décarbonation.

 

Le classement des fournisseurs sur ses trois critères étant susceptible d’évoluer rapidement, il est nécessaire de réaliser un travail de mises à jour régulier, et plus généralement, d’intégrer le sujet CO2 dans les business reviews avec les fournisseurs.

 

Le sujet vous intéresse ?

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