Les coûts cachés du multi-PLM : audit d’une situation complexe
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Les coûts cachés du multi-PLM : audit d’une situation complexe

Dans un premier article, nous évoquions les multiples facteurs qui peuvent conduire les entreprises à gérer plusieurs générations de PLM. Une coexistence qui peut être rationnelle, voire stratégique dans certains contextes. 

Mais quelle que soit son origine, elle n’est jamais sans conséquence. Au-delà de la simple multiplication des licences, impact le plus visible, la cohabitation de plusieurs systèmes PLM engendre une cascade d’effets secondaires qui pèsent sur la performance opérationnelle et la capacité d’investissement des entreprises. 

Coûts techniques, impacts RH, perte d’efficacité, freins à l’innovation : cet article dresse un audit complet des défis posés par le multi-PLM au quotidien. Car avant de décider d’une stratégie, encore faut-il mesurer précisément ce que cette situation vous coûte réellement. 

I - Des coûts financiers et techniques directs

Quand chaque système pèse sur le budget 

Maintenir plusieurs PLM en parallèle engendre avant tout une multiplication des coûts récurrents (infrastructures, licences, sauvegardes, maintien en conditions opérationnelles, maintien de compétences IT). À budget constant d’une année sur l’autre, ces dépenses incompressibles limitent d’autant la capacité des entreprises à investir dans de nouvelles solutions ou dans l’évolution de leurs systèmes existants. D’autant plus que ces coûts ont tendance à croître significativement au fil du temps. 

S’ajoute à cela un effet moins visible mais tout aussi pénalisant : la perte d’effet de volume pour négocier le coût des licences auprès des éditeurs. Avec plusieurs systèmes en parallèle, l’entreprise dilue son pouvoir de négociation. Elle ne peut plus bénéficier des conditions tarifaires dégressives qu’offrirait une masse critique d’utilisateurs sur une seule plateforme. 

La multiplication des PLM génère également une prolifération des interfaces. Lorsque plusieurs systèmes PLM doivent alimenter un même ERP, ou interagir avec les mêmes outils de MES ou de gestion documentaire, tout changement sur l’une de ces applications liées engendre des coûts d’interface multipliés par le nombre de PLM. Cette architecture en étoile complexifie les évolutions et ralentit les projets de transformation. 

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Enfin, les outils périphériques (logiciels de CAO, de simulation, de calcul), peuvent devenir incompatibles avec les anciennes versions de PLM. Les éditeurs ne garantissent pas indéfiniment la compatibilité de leurs nouvelles releases avec des systèmes legacy. Cela nécessite des adaptations coûteuses pour assurer l’interopérabilité, ou oblige à maintenir également d’anciennes versions d’outils métiers, créant une spirale de dépendances techniques difficile à maîtriser. Les problématiques de montée de version se complexifient : faire évoluer un système peut impacter l’ensemble de l’écosystème applicatif. 

II - Des impacts sur les ressources humaines

Compétences rares et attractivité en berne 

Par-delà des coûts techniques, la coexistence de plusieurs PLM pose des défis majeurs en matière de ressources humaines. Les expertises sur les systèmes PLM existants tendent à disparaître avec le temps. Les administrateurs système, les configurateurs, les référents métiers qui maîtrisent ces environnements partent à la retraite ou changent d’entreprise. Or, remplacer ces compétences devient de plus en plus difficile. 

Car maintenir plusieurs générations de PLM implique de doubler, voire tripler, les expertises nécessaires. Il faut à la fois des équipes capables de faire vivre les systèmes legacy et d’autres formées aux nouvelles plateformes. Une duplication des compétences qui pèse sur les effectifs et les budgets de formation. 

Plus problématique encore, le problème d’attractivité des talents. Difficile d’attirer les jeunes ingénieurs ou administrateurs systèmes en leur proposant de maintenir un vieux système obsolète, qu’ils auront peine à valoriser sur leur CV pour leurs prochaines étapes de carrière. Les profils compétents préfèrent naturellement travailler sur des technologies modernes, cloud, avec des API ouvertes et des perspectives d’évolution. En résultat, les entreprises peinent à recruter sur leurs environnements legacy, et doivent parfois accepter des prestations externes coûteuses, pour compenser. 

Le phénomène participe en outre à limiter la polyvalence et la mobilité des équipes. Souvent, un changement de poste ou la réaffectation à un programme différent implique pour l’opérateur de basculer sur un nouveau PLM et donc, de se former à un nouveau système. 

III - La perte d'efficacité opérationnelle

Divergence des processus et silos de données 

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La diversité des processus entre PLM complique l’alignement des méthodes et la collaboration entre équipes. Chaque système possède ses propres règles et workflows, ses nomenclatures. Cette hétérogénéité freine les échanges et crée des incompréhensions entre équipes qui ne travaillent pas sur les mêmes référentiels.

Elle rend également difficile la production d’indicateurs transverses (KPI). Comment mesurer le taux de réutilisation des composants à l’échelle de l’entreprise si les données sont réparties dans trois systèmes différents ? Comment piloter la performance globale du développement produit sans vision consolidée ? L’agrégation de données issues de systèmes différents est complexe et coûteuse, ce qui limite la capacité de l’entreprise à piloter efficacement ses programmes. 

S’ajoute à cela un problème technique croissant : l’incompatibilité des API et webservices. Les systèmes PLM plus anciens ne disposent pas toujours d’interfaces de programmation modernes permettant de les connecter facilement à de nouveaux outils d’analytics, de simulation ou d’intelligence artificielle. Cette limitation technique empêche l’entreprise de tirer parti des innovations technologiques et freine sa transformation digitale.

Enfin, la multiplicité des systèmes constitue un frein à l’agilité et à l’innovation. Elle restreint la réutilisation et le réemploi des données entre programmes, chacun restant prisonnier de son silo technique. Elle diminue la réactivité de l’entreprise face aux besoins changeants du marché, car toute évolution doit être déclinée sur plusieurs environnements. En somme, elle bride la capacité d’innovation en complexifiant la circulation de l’information technique. 

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Jean-Baptiste DIDIOT

Senior Partner

Olivia MARTIN

Partner

Adrien ROSSI

Senior Manager

Ludovic DODE

Senior Manager

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